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Paris : les trésors cachés de la Chancellerie d’Orléans renaissent aux Archives nationales

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Paris : les trésors cachés de la Chancellerie d’Orléans renaissent aux Archives nationaleshttps://www.connaissancedesarts.com/wp-content/thumbnails/uploads/2021/09/sans-titre-2021-09-16t173430-553-tt-width-768-height-432-fill-1-crop-0-bgcolor-ffffff.jpg 768w, https://www.connaissancedesarts.com/wp-content/thumbnails/uploads/2... 1200w" sizes="(min-width: 1000px) 978px, (min-width: 780px) 708px, 100vw" /> Vue du plafond à voussure peint par Antoine Coypel en 1708 en cours de restauration. ©Thierry Ardouin/Oppic

Les décors du XVIIIe siècle de la Chancellerie d'Orléans ont été remontés à l'Hôtel de Rohan, à Paris, aux Archives nationales. Une opération complexe rendue possible par une fédération de bonnes volontés et de compétences multiples. Visite en avant-première de ce chantier délicat.

C’était promis : croix de bois, croix de fer ! Après la destruction, en 1923, de la Chancellerie d’Orléans dans le quartier du Palais-Royal, à Paris, pour permettre l’agrandissement du siège historique de la Banque de France à l’Hôtel de Toulouse, l’institution s’était engagée à préserver de rares éléments de décors du XVIIIe siècle. Bien qu’un plafond de 1707 témoignât encore de l’époque de construction (1705) de l’hôtel par l’architecte Germain Boffrand pour une maîtresse de Philippe d’Orléans (futur Régent), la décoration restait en majorité liée aux fastueux travaux des années 1764-1770. Engagés par Marc René d’Argenson (1722-1782), marquis de Voyer, avec l’aide de l’architecte décorateur Charles de Wailly (1730-1798), l’un des grands maîtres du retour à l’antique, ils allaient faire de la Chancellerie un hôtel à la pointe de la mode et des marques de confort, comprenant eau courante et chauffage sophistiqué. Avant que ce membre d’une puissante famille liée aux ducs d’Orléans n’héritât de l’usufruit, l’hôtel avait abrité, entre 1725 et 1751, la chancellerie d’Orléans qui lui laissa son nom.

En caisse pendant un siècle

En vue d’un remontage dans un lieu à définir, Alphonse Defrasse, architecte de la banque, avait déposé avec soin les sculptures extérieures ainsi que les éléments de décoration issus des quatre pièces d’apparat du rez-de-chaussée en corps double. Las, la crise économique de 1929 et la dernière guerre vinrent ruiner cette intention et les cent deux caisses de décors restèrent entreposées à Asnières. Elles ne furent pas oubliées pour autant. En 1979, l’exposition consacrée à Charles De Wailly attira sur ce dépôt l’attention de Bertrand du Vignaud. Devenu président du World Monuments Fund Europe, organisme privé de défense du patrimoine à travers le monde, ce dernier put faire aboutir l’idée d’un remontage au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Rohan, rattaché aujourd’hui au périmètre des Archives nationales. Ayant perdu, à l’inverse de l’étage, tout intérêt patrimonial durant l’affectation de l’édifice à l’Imprimerie nationale (1808-1925), son rez-de-jardin offrait de fait les dispositions idéales recherchées. Entre 2011 et 2015, une série de conventions signées entre l’État (ministère de la Culture), la Banque de France et le World Monuments Fund, permit de finaliser le projet, le Mobilier national se chargeant du remeublement. La Banque de France assumait la majorité du financement du chantier, estimé à près de quatorze millions d’euros. Et la maîtrise d’œuvre fut confiée à l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture (Oppic).

La restauration des décors en atelier a débuté en mai 2017 et s'achèvera in situ cet automne. ©Thierry Ardouin/Oppic

La restauration des décors en atelier a débuté en mai 2017 et s’achèvera in situ cet automne. ©Thierry Ardouin/Oppic

Un chantier d’envergure

Malgré l’abondante documentation réalisée avant et durant la démolition de l’hôtel, l’opération nécessita une coordination étroite entre les architectes des Monuments historiques et l’équipe de restaurateurs dirigée par Cinzia Pasquali. En premier lieu, on dut, entre 2015 et 2017, décaisser le sol sur près d’un mètre pour trouver la hauteur nécessaire au remontage des trois pièces en enfilade sur jardin (salon, salle à manger et chambre). Il fallut ensuite réaliser les structures métalliques aptes à supporter les plafonds et accueillir la décoration murale où triomphaient, en alternance avec les lambris, de spectaculaires miroirs montant des plinthes aux corniches. Transportés à Montreuil, les décors, après études, y furent soigneusement restaurés et complétés, tel un puzzle géant, puis transférés à Paris. Déjà, les deux figures provenant du passage cocher ainsi que les allégories des quatre éléments des dessus-de-porte du grand salon d’Augustin Pajou (1730-1809), principal sculpteur de l’hôtel, avaient pu être restaurées à l’occasion de l’exposition Pajou de 1997.

La Banque de France s’était engagée à préserver de rares éléments de décors. ©Thierry Ardouin/Oppic

La Banque de France s’était engagée à préserver de rares éléments de décors. ©Thierry Ardouin/Oppic

Le remontage était d’une complexité extrême, induite, notamment, par la présence de trois grands plafonds dont deux à voussure, et tous originellement peints à l’huile sur plâtre. Découpées en segments, les coques qui les maintenaient ont pu être renforcées par des fibres de carbone. Le plafond du salon, le plus imposant, illustre le triomphe de l’Amour sur les dieux. Brossé en 1707 par Antoine Coypel (1661-1722), ce chef-d’œuvre à la fraîcheur retrouvée figure désormais comme seul cycle décoratif conservé, hors Versailles, de cet artiste ami de Philippe d’Orléans et qui venait de peindre pour lui, au Palais-Royal, la voûte de la galerie d’Énée (détruite). Dans l’ancienne chambre de la marquise de Voyer, on redécouvre un plafond peint en harmonie avec celui de Coypel. Réalisé en 1768 sur le thème de l’Aurore chassant la Nuit par Louis Jacques Durameau (1733-1796), son succès avait valu au peintre les commandes des plafonds des salles d’opéra du Palais-Royal (brûlé) et du château de Versailles. Le plafond d’esprit louisquatorzien de l’ancienne salle à manger est orné, en revanche, d’une toile marouflée évoquant Jupiter servi par Hébé. Due à Jean Jacques Lagrenée (1739-1821), cette composition avait remplacé, en 1772, une nuée d’Amours de Jean Honoré Fragonard, jugée, peut-on penser, trop peu à l’unisson du manifeste néoclassique voulu par le marquis de Voyer et Charles De Wailly. Autre peintre réputé, Gabriel Briard (1725-1777) décora l’antichambre, située côté cour de l’hôtel et reconstituée en arrière des trois pièces sur jardin.

Vue du plafond à voussure peint par Antoine Coypel en 1708. ©Thierry Ardouin/Oppic

Vue du plafond à voussure peint par Antoine Coypel en 1708. ©Thierry Ardouin/Oppic

Un remeublement minutieux

Ce remontage aurait été incomplet sans l’action du Mobilier national qui, depuis 2012, a accéléré sa politique généreuse de dépôt d’objets historiques et de mise à disposition de ses spécialistes – restaurateurs et historiens –, pour garantir l’authenticité des décors et les animer d’une grande impression de vie. Acquises en 2012 et 2016 par le Fonds du patrimoine et la Banque de France, deux paires de fauteuils réalisés sur des dessins de De Wailly par Mathieu Bauve (reçu maître en 1755) ont retrouvé leurs places au salon. Sans équivalent dans le mobilier français, ne pourrait-on pas évoquer ici un esprit italien ? Un inventaire du 5 octobre 1784 recense plus d’une trentaine de sièges divers dans ce salon, dont une suite de huit grands fauteuils meublants d’où devraient provenir ces fauteuils. Achevée, cette résurrection honore l’un des plus extraordinaires ensembles de décoration néoclassique préservée, in extremis, à Paris. Elle hausse également les deux hôtels voisins de Rohan et de Soubise, si riches en décors remarquables du XVIIIe siècle, en un incomparable conservatoire des arts décoratifs français du siècle.


À voir

La Chancellerie d’Orléans, Hôtel de Rohan, 87, rue du Temple à Paris, sera visible sur réservation à partir d’octobre 2021.

À lire

« La chancellerie d’Orléans. Renaissance d’un chef-d’œuvre », collectif, avec des textes d’Arnaud Manas et Emmanuel Pénicaut, éd. Faton (240 pp, 39 €).

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