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Lumières de Méditerranée : Chagall et l’apothéose de la couleur

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Lumières de Méditerranée : Chagall et l’apothéose de la couleur Marc Chagall, Couple dans le paysage bleu, 1969-1971, huile sur toile, 112 x 108 cm, Collection particulière, Photo Archives Marc et Ida Chagall, Paris © Adagp, Paris, 2020 / Marc Chagall

Marc Chagall s’installe dans le Midi en 1950. Et c’est sous le ciel méditerranéen que, couvert d’honneurs, il s’éteindra. Cette immersion dans la lumière du Midi, dans laquelle nous plonge la nouvelle exposition de l'Atelier des lumières à Paris, marque un retour à la plénitude et ouvre une période d'expérimentations.

Chagall découvre la Côte d’Azur dès 1926, en compagnie de Delaunay. Il est subjugué mais n’y reviendra, pour s’y établir, qu’au début des années 1950, après un long exil pour fuir le régime nazi et la disparition de Bella, son épouse adorée. Il rentre en France fin 1947 et passe trois mois à Paris pour préparer l’hommage que Jean Cassou doit organiser à l’occasion de la réouverture du Musée national d’Art moderne. Il renoue alors avec ses amis peintres et poètes, parmi lesquels Paul Éluard pour lequel il réalise des illustrations. Ce séjour parisien l’a sans doute convaincu de regagner sa terre d’adoption.

Une terre pour les grands maîtres

En 1947, Chagall revient à Paris pour assister au vernissage de son exposition. Et en août de l’année suivante, il s’embarque sur le paquebot Le Grasse à destination du Havre. Il s’établit d’abord à Orgeval, près de Saint-Germain-en-Laye, où se donnent rendez-vous Paul Éluard et Jean Paulhan, le marchand Louis Carré et l’éditeur Tériade. Puis, en 1949, Chagall rejoint ce dernier à Saint-Jean-Cap-Ferrat pour travailler à l’illustration du Décaméron de Boccace. Et il ne résiste pas aux rivages azuréens de la Côte d’Azur, devenue, depuis la Première Guerre mondiale, un véritable centre de création artistique, une sorte de petit Montparnasse.
Les souvenirs de Renoir à Cagnes-sur-Mer, de Bonnard au Cannet, la présence de Matisse, retiré à Nice sur la colline de Cimiez, et celle de Picasso, qui va et vient entre Antibes et Vallauris, influent probablement sur sa décision. En 1950, il jette son dévolu sur une maison près de Vence. Cette installation inaugure un nouveau chapitre de son existence, amorce un nouveau cap dans sa production. Ces années méditerranéennes, qui occupent la moitié de sa carrière, seront aussi celles de son apothéose.

De nouveaux défis

Après avoir affronté l’antisémitisme de la période tsariste, la Révolution russe de 1917, le traumatisme de deux guerres et le déracinement, l’artiste, alors dans la soixantaine, peut enfin trouver la sérénité. Il se remarie d’ailleurs en 1952 avec la Russe Valentina Brodsky, surnommée « Vava », même si l’image de Bella, sa première épouse brutalement décédée à quelques mois de la Victoire, continue de le poursuivre. Quant à son oeuvre, elle connaîtra durant les décennies suivantes une profonde évolution.
Parallèlement à son activité de peintre, l’artiste se lance en effet de nouveaux défis, expérimentant des techniques pour lui inédites. Recherches qui, dans la lumière du Midi, irradient sa palette, aboutissant au renouveau de son oeuvre pictural. Dès 1949, il s’exerce à la céramique, dans l’atelier de Serge Ramel à Vence et à la manufacture de L’Hospied à Golfe-Juan, puis, à partir de 1952, dans l’atelier Madoura à Vallauris, déjà fréquenté par Picasso. Mais à la différence de ce dernier, qui se contente de peindre des décors, Chagall, au fil des modelages, détourne les formes de leur fonction, façonne des pièces en volume en leur imprimant d’infinies nuances.

Marc Chagall, Le Message d’Ulysse, 1967-1968, mosaïque de 200 000 tesselles composées de marbres, pierres dont onyx, émaux, verre et ors de Murano, minerais aux reflets vert et extraits des mines de cuivre de Salomon, 3 x 11 m, Faculté de Droit et Science Politique de Nice. Photo : François Fernandez © ADAGP, Paris, 2020

Marc Chagall, Le Message d’Ulysse, 1967-1968, mosaïque de 200 000 tesselles composées de marbres, pierres dont onyx, émaux, verre et ors de Murano, minerais aux reflets vert et extraits des mines de cuivre de Salomon, 3 x 11 m, Faculté de Droit et Science Politique de Nice. Photo : François Fernandez © ADAGP, Paris, 2020

Et il crée des mosaïques, à l’instar de celle qu’il exécute pour le musée de Nice ou pour la façade de la Fondation Maeght qui ouvre alors ses portes. Ces expérimentations l’amènent à la sculpture en marbre, en terre cuite ou en bronze, qu’il pratique dans son atelier ou à la fonderie Susse à Malakoff. Son évolution picturale trouve un accomplissement monumental avec les vitraux. Dès 1958, il se rend régulièrement à Reims où il travaille avec le maître verrier Charles Marq, directeur de l’atelier Simon, qui parvient à résoudre les problèmes posés par l’exubérant chromatisme de ses oeuvres. De leur collaboration naîtront de nombreux vitraux, de la cathédrale de Metz à la synagogue de l’hôpital Hadassah, à Jérusalem (p. 32), ou encore au siège des Nations-Unies à New York en 1963-1964, et plus tard, en 1973- 1974, à la cathédrale de Reims. Mais il poursuit également son oeuvre gravé avec l’aide du lithographe parisien Charles Sorlier.

Marc Chagall, La Tribu de Zabulon, 1962, Vitrail de la Synagogue de l’hôpital Hadassah de Jérusalem © ADAGP, Paris, 2020, Photo : Yuval Yairi

Marc Chagall, La Tribu de Zabulon, 1962, Vitrail de la Synagogue de l’hôpital Hadassah de Jérusalem © ADAGP, Paris, 2020, Photo : Yuval Yairi

Une gloire nationale

Plus il avance en âge, plus son rythme de travail s’intensifie. Les commandes se multiplient et Chagall accumule les distinctions : membre d’honneur de l’Académie américaine des arts et des lettres, grand-croix de la Légion d’honneur, citoyen d’honneur de Jérusalem, l’artiste devient une gloire nationale. En 1963, le ministre de la Culture André Malraux, fervent admirateur de ses talents de coloriste, le charge de repeindre le plafond de l’Opéra de Paris, au palais Garnier. Dévoilée en 1964, l’oeuvre suscite le scandale mais la renommée de Chagall n’en continue pas moins de s’étendre.

En 1966, à la demande du directeur du Metropolitan Opera de New York, il réalise deux peintures murales ainsi que les décors et les costumes de La Flûte enchantée de Mozart. Cette année-là, Chagall et Vava s’installent à Saint-Paulde- Vence, dans une maison conçue à la mesure des besoins de l’artiste, dotée de trois ateliers : un pour la gravure, un pour le dessin, le troisième pour la peinture et les projets monumentaux. Dans la foulée, il fait don à l’État du Message biblique, cycle de dix-sept peintures (et de nombreuses esquisses) qu’il avait initialement destiné à la chapelle du Calvaire à Vence, où il réside. Jusqu’à ce qu’André Malraux décide la construction d’un musée à Nice pour l’accueillir.

Marc Chagall, Adam et Ève chassés du Paradis, 1961, huile sur toile, 190,5 x 283,5 cm, Musée national Marc Chagall, Nice, © Adagp, Paris, 2020 – Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Adrien Didierjean

Marc Chagall, Adam et Ève chassés du Paradis, 1961, huile sur toile, 190,5 x 283,5 cm, Musée national Marc Chagall, Nice, © Adagp, Paris, 2020 – Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Adrien Didierjean

En 1969, alors que le Grand Palais lui consacre une rétrospective, la première pierre est posée. Premier musée national dédié à un artiste vivant, il sera inauguré en juillet 1973. Et les expositions se succèdent, aussi bien en Europe qu’au Japon et aux États-Unis, et même en Russie où, à l’invitation du ministre de la Culture de l’Union soviétique, le peintre retourne en 1973 après cinquante ans d’absence. Trois grandes manifestations célèbrent son quatre-vingt-dix-septième anniversaire : au Centre Pompidou à Paris, à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, et au Musée national Message Biblique à Nice. L’année suivante, le 28 mars 1985, Chagall s’éteint, après une séance de travail lithographique avec son ami Charles Sorlier, dans sa maison, à Saint-Paul-de- Vence. Là où, depuis, il repose.

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