Et si les fleurs pouvaient ressentir des sons ? C'est ce que Lilach Hadany, chercheuse à l'université de Tel Aviv, prouve dans son étude dont les premiers résultats sont publiés sur bioRxiv. L'équipe israélienne a observé des Oenothera drummondii, plus connues sous le nom de primevères du soir. Quelques minutes après la détection de bruits tels que la vibration des ailes de pollinisateurs, les fleurs augmenteraient la concentration de sucre dans leur nectar.

Lors des tests en laboratoire, Lilich Hadany a exposé les fleurs à différents sons : l'enregistrement d'abeilles et des sons générés par un ordinateur à basses, moyennes et hautes fréquences. Dans les trois minutes suivant l'exposition aux enregistrements des abeilles et aux basses fréquences, la concentration de sucre dans le nectar des fleurs est passée de 12 à 17 % puis à 20 %. Les fleurs plus sucrées attirent plus d'insectes et elles ont donc plus de chances de se reproduire. Les abeilles permettent ainsi leur fécondation en butinant de fleurs en fleurs avec des grains de pollen et de nectar.

Des fleurs à l'ouïe plus développées

Un grand nombre de fleurs ont une forme concave ou de coupe, ce qui permet de mieux percevoir les sons et même de les amplifier. Ces fleurs auraient des capteurs de fréquence sensibles aux ailes d'abeilles pouvant dissocier ces sons aux fréquences émises par le vent. Les fleurs d'onagre, en forme de bol, perçoivent plus de sons que les autres fleurs et s'accordent avec le son des abeilles. Des fleurs dont il manque une ou plusieurs pétales perdent quant à elles leur ouïe.

La chercheuse israélienne émet également l'hypothèse que les plantes s'alerteraient entre elles à l'approche de sons spécifiques aux herbivores. Et pourraient également générer des sons pour attirer les animauximpliqués dans le dispersion des grains de pollen des fleurs.