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George Washington, les paradoxes du premier président

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Tel un moderne Cincinnatus, le planteur Washington a quitté sa propriété de Mount Vernon, en Virginie, pour engager le combat politique puis militaire contre la Grande-Bretagne. À côté du héros de l’Indépendance, l’homme incarne aussi une autre Amérique, celle des colonies du Sud.

Testez vos connaissances sur George Washington grâce à un quizz à la fin de l’article !

Les États-Unis n’ont pas lésiné sur les hommages rendus à leur premier président : on donna son nom à la capitale fédérale ainsi qu’au 42e État du pays, on baptisa en son honneur sept montagnes, huit cours d’eau, dix lacs, plus de 30 comtés et neuf universités, et on orna de son effigie le très emblématique billet de 1 dollar. Peu de « Pères fondateurs » peuvent prétendre à un tel palmarès. George Washington n’est pourtant pas exempt de quelques contradictions, à l’image il est vrai de celles de son pays, ce qui explique peut-être sa grande et persistante popularité.

Ses origines et sa jeunesse ne le prédestinaient pourtant pas à prendre la tête de la rébellion. Ce fils d’honorable planteur, né en février 1732 en Virginie, appartenait en effet à la plus traditionnelle société coloniale. Ses parents, d’ascendance anglaise, avaient acquis des domaines sur lesquels travaillaient plusieurs centaines d’esclaves. À Mount Vernon comme à Ferry Farm, deux des plantations de tabac où vécut la famille, le jeune George reçut une éducation d’apprenti gentleman, mais la mort précoce de son père l’empêcha d’entreprendre comme ses aînés des études supérieures. Chaperonné par son demi-frère Lawrence, il fut introduit dans l’entourage des Fairfax, les plus riches propriétaires de Virginie, acquit le goût des choses militaires et fit ses premières armes comme arpenteur et planteur.

Engagé à 20 ans dans la milice de Virginie, il fut envoyé dans la vallée de l’Ohio, où Français et Anglais se disputaient le territoire. Cinq ans durant, il y fit l’expérience de la guerre, et même s’il ne brilla pas par ses faits d’armes, il participa activement à l’arrêt de l’expansion française et à la mainmise britannique sur la Nouvelle-France. Revenu à la vie civile, Washington épousa en 1759 une riche héritière et se consacra, à l’instar de nombreux gentilshommes, aux nouveautés et au progrès agronomiques. Il fut dès lors assidu aux réunions de la Chambre des bourgeois, l’assemblée législative de Virginie, dans laquelle il siégea dès son retour. C’est également durant ces années qu’il fut initié à la franc-maçonnerie.

Le héros de Yorktown

Hostile comme beaucoup d’autres Américains aux nouvelles taxes levées par Londres, il fut élu comme délégué de Virginie au Congrès continental de Philadelphie, qui affirma en 1774 les droits des colonies face à l’arbitraire du gouvernement britannique. Il ne brillait guère par son éloquence, mais son sérieux, son patriotisme et son expérience militaire firent de lui un délégué apprécié. L’année suivante, alors que la « rébellion » avait commencé dans le Massachusetts, le Second Congrès continental lui proposa de diriger l’armée chargée de défendre les intérêts des colons. Il occupa cette fonction huit ans durant, devenant de fait le principal acteur de la guerre d’Indépendance des États-Unis. Une guerre longue et difficile, marquée de revers et d’avancées, mais durant laquelle le nouveau général s’attacha à construire une armée mieux organisée et mieux équipée. Oublieux des rivalités d’antan, il collabora avec les troupes françaises menées par Rochambeau et La Fayette, et sortit grand vainqueur de la bataille de Yorktown en octobre 1781. Deux ans plus tard, au lendemain du traité de Paris qui reconnaissait l’indépendance des États-Unis, Washington remit sa démission au Congrès, renonçant à toute fonction publique pour se consacrer désormais à son seul domaine.

La pause fut cependant de courte durée. Soucieux de régler les différends qui ne cessaient de surgir entre les États, il participa en mai 1787 à la Convention de Philadelphie, réunie pour réviser les « Articles de la Confédération », premier document constitutionnel de la jeune nation. Nommé président de la Convention, Washington présida donc aux travaux d’une assemblée qui accoucha quelques mois plus tard de la Constitution des États-Unis d’Amérique. En conséquence de quoi il fut élu en avril 1789, président de la nouvelle République.

C’est ainsi que l’ancien planteur, devenu général puis président, fut acclamé par la foule tout au long du trajet qui le mena de Mount Vernon à New York. Ses deux mandats (1789-1797) marquèrent l’apparition d’un nouvel État, puis son entrée sur la scène internationale. Les premières années furent surtout consacrées à la réorganisation d’un pays que la guerre et ses suites avaient laissé exsangue. Entouré d’hommes qui s’étaient illustrés durant la révolution – John Adams, Thomas Jefferson, Alexander Hamilton, James Madison –, il s’attacha d’abord à consolider l’administration fédérale et à résoudre la crise budgétaire. Secrétaire du Trésor, Hamilton créa ainsi la banque fédérale des États-Unis en 1791. Mais une telle initiative suscita oppositions et débats : le conflit entre Hamilton, partisan d’un gouvernement fédéral fort, et Jefferson, qui défendait à l’inverse les droits et les prérogatives des États, affaiblit la présidence et fut aux sources du bipartisme américain. Le pays connut aussi, après l’instauration de taxes sur l’alcool, une vive agitation en Pennsylvanie – la fameuse « révolte du whisky » –, qui nécessita l’usage de la force militaire. Le désir d’expansion vers l’Ouest provoqua aussi la poursuite des guerres indiennes, notamment contre le chef des Miamis Little Turtle et d’autres tribus du Nord-Ouest, que les Britanniques poussaient contre les colons américains.

Message d’adieu

En dépit de ce contexte difficile, George Washington, qui avait d’abord songé à se retirer des affaires, accepta sur la suggestion de Jefferson l’idée d’un second mandat. Celui-ci fut marqué par la position du pays dans la guerre qui débuta en 1793 entre la France révolutionnaire et la Grande-Bretagne. Soucieux de préserver les finances et la croissance économique du pays, Washington imposa, contre l’avis de Jefferson, la neutralité américaine, inaugurant ainsi la tradition isolationniste. Cette position lui permit de signer avec l’ancienne puissance coloniale le traité de Londres en 1794, qui régla les différends restés en suspens depuis l’indépendance. Il put ainsi favoriser l’expansion vers l’Ouest, concluant en 1795 avec 11 nations indiennes le traité de Greenville, par lequel elles abandonnaient leurs droits sur les territoires de l’Ohio et de l’Indiana. La colonisation vers l’Ouest profita également de l’ouverture de la navigation commerciale dans le bassin du Mississippi. Or, rien de cela n’apaisait les divisions partisanes, que Washington déplorait, mais qui n’avaient cessé de s’accentuer entre le parti républicain de Jefferson et de Madison, et les fédéralistes réunis autour d’Hamilton. De vives critiques furent émises par ses ennemis, qui l’accusèrent de cupidité et d’ambition. Quittant la présidence en mars 1797, Washington appela les Américains dans un message d’adieu publié dans le Pennsylvania Packet à privilégier l’unité sur les luttes partisanes et à choisir la neutralité. « Le maintien de l’Union, écrit-il alors, doit être le principal objet des vœux de tout patriote américain. »

Âgé de 65 ans, l’ancien président se retira sur son domaine de Mount Vernon, où il reprit ses activités de gentleman-farmer. Il fut rappelé une fois encore, lors de la crise internationale de 1798 qui faillit déboucher sur une guerre avec la France républicaine. Adams, son successeur, lui confia alors le commandement suprême des armées. La crise, heureusement, fut de courte durée. Washington décéda peu de temps après, en décembre 1799, étouffé par une infection du larynx, et fut enterré dans le caveau familial de Mount Vernon. On oublia alors toutes les critiques dont il avait pu être l’objet. « Premier dans la guerre, premier dans la paix et premier dans le cœur de ses concitoyens », tels furent les mots prononcés lors de son éloge funèbre. En 1800 parut The Life of Washington, véritable hagiographie rédigée par le pasteur Mason Weems, qui le dépeint en surhomme, chevalier sans peur et sans reproche, donnant le coup d’envoi au mythe du Père fondateur. La même année, le président Adams quittait Philadelphie pour s’installer dans la nouvelle capitale fédérale, baptisée à cette occasion Washington.

Amérindiens et Noirs, les grands perdants

« Nous, le Peuple des États-Unis ». Ainsi débute le préambule de la Constitution des États-Unis. Si les délégués de la Convention réunie à Philadelphie pour l’élaborer débattirent longuement des droits et des devoirs des citoyens, il ne leur vint guère à l’esprit d’élever à ce statut les populations non blanches du pays. Des Amérindiens, la Constitution ne dit d’ailleurs pas un mot. La question des esclaves fut en revanche discutée. Fallait-il les inclure dans le calcul des « propriétés » prises en compte pour être électeur ou éligible ? Devait-on par ailleurs les comptabiliser dans la population des États, notamment afin d’établir le nombre de députés à la Chambre des représentants ? On s’accorda sur ce dernier point à considérer que 5 esclaves équivaudraient à 3 habitants ! Quant aux questions de l’esclavage et de la traite, elles furent vite réglées lorsque la Géorgie et la Caroline du Sud déclarèrent qu’elles quitteraient l’Union s’ils étaient interdits.

C’est donc sur une double exclusion que débuta l’histoire des États-Unis. La suite ne vaut guère mieux. La politique d’expansion vers l’Ouest de la nouvelle nation suscita dès 1790 une première guerre indienne contre les Miamis de l’Indiana et de l’Ohio, inaugurant un siècle de violences et de massacres, le plus souvent au mépris des accords signés. « Les gouvernements américains ont signé plus de 400 traités avec les Amérindiens et les ont tous violés », rappelle l’historien Howard Zinn. Ce n’est qu’en 1924 que l’Indian Citizenship Act déclara tous les Amérindiens citoyens américains, et encore faudrait-il attendre 20 années de plus pour qu’ils puissent voter dans tous les États.

Quant aux esclaves, ils furent au cœur de contradictions infinies. George Washington et son épouse possédaient plus de 300 esclaves, qui travaillaient du lever au coucher du soleil et encouraient le fouet à chaque incartade. Si Washington prit position au Congrès pour l’abolition graduelle, c’était surtout parce qu’il y voyait une difficulté pour l’avenir du pays, et lui-même n’affranchit ses propres esclaves que par voie testamentaire, après sa mort. La plupart des États du Nord, sous l’influence des églises protestantes, abolirent cependant l’esclavage, mais celui-ci prospérait dans l’économie cotonnière des États du Sud. Ce n’est qu’au terme d’une violente guerre civile que le 13e amendement affranchit, en décembre 1865, les 4 millions d’esclaves que comptait encore le pays. Mais ce ne fut que le début d’un autre combat, séculaire lui aussi, pour l’égalité des droits.

Le socle intangible de la Constitution

Aux sources de la Constitution américaine se trouvent les « Articles de la Confédération », élaborés par la Convention de Philadelphie en mai 1777, deux ans après le début de la guerre d’Indépendance. Ils affirmaient l’Union perpétuelle entre les 13 États fédérés et attribuaient à la Convention le pouvoir exclusif sur la guerre, la diplomatie et les finances. L’indépendance acquise, il apparut cependant que ces articles étaient insuffisants pour garantir une politique commune. Une seconde Convention se réunit donc à Philadelphie en mai 1787 pour élaborer un nouveau texte. Les débats furent vifs et houleux, mais les travaux, présidés par Washington, aboutirent à un compromis : des pouvoirs strictement séparés, l’exécutif confié à un président, à la fois chef de l’État et chef du gouvernement, le judiciaire à une Cour suprême, le législatif à deux Chambres, l’une élue au suffrage direct en proportion du nombre d’habitants (la Chambre des représentants), l’autre où chaque État aura un nombre égal de députés (le Sénat). Le projet, adopté en septembre 1787, fut ensuite ratifié par chacun des 13 États. Complété par 27 amendements (le dernier date de mai 1992), ce texte est toujours en vigueur.

Dominique Kalifa
Professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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