altmarius

cultură şi spiritualitate

Christophe Colomb : un explorateur entouré de mystères

Qui était vraiment Christophe Colomb ? Quel était son pays natal ? Où sa dépouille se trouve-t-elle ? Le navigateur aurait-il eu en amont connaissance d’un itinéraire précis ? Rares sont les personnages historiques qui ont suscité autant de questions. Aperçu des dernières découvertes à son sujet.
Manuel Lucena Giraldo, Conseil supérieur de la recherche scientifique (Madrid).
Publié le 31/08/2022 à 15h50, mis à jour le 01/09/2022 à 11h17 • Lecture 5 min.



Portrait supposé de Christophe Colomb. Découvert au XIXe siècle, le personnage a été identifié comme étant étant le navigateur gênois en raison de sa ressemblance avec d'autres portraits. Il ne s'agit cependant que d'une simple hypothèse. Ghirlandaio, Galata museo del mare, Gênes, vers 1520

Portrait supposé de Christophe Colomb. Découvert au XIXe siècle, le personnage a été identifié comme étant étant le navigateur gênois en raison de sa ressemblance avec d'autres portraits. Il ne s'agit cependant que d'une simple hypothèse. Ghirlandaio, Galata museo del mare, Gênes, vers 1520 • WIKIMEDIACOMMONS

DES RENSEIGNEMENTS MARITIMES PRIVILÉGIÉS
Le découvreur des « Indes » ?
Au XVIe siècle, certains auteurs ont rapporté la rumeur selon laquelle, au cours des années où il naviguait sur l’Atlantique à bord de navires portugais, Colomb avait entendu parler de marins qui avaient atteint des terres lointaines situées à l’ouest de l’Atlantique. On citait même le nom d’Alonso Sánchez de Huelva, un pilote qui, peu avant de mourir, aurait révélé à Christophe Colomb le voyage qu’il avait fait lui-même aux Indes, lui donnant des renseignements précis sur la route qu’il avait suivie. On a souvent considéré que cette histoire d’une « prédécouverte » de l’Amérique avait été propagée par les adversaires de Christophe Colomb pour minimiser les mérites de son exploit. Cependant, de nombreux historiens l’envisagent comme une hypothèse à considérer. Poursuivant les investigations de Juan Manzano et de Juan Pérez de Tudela, Christian Duverger, dans son édition du Diario de bordo (2016) de Christophe Colomb, souligne que, lors de son premier voyage, tant à l’aller qu’au retour, Colomb semble suivre une route prédéterminée, sans aucune hésitation, et que dans son journal il ne montre aucune surprise de ce qu’il voit aux Antilles, comme s’il savait déjà ce qu’il allait trouver. Ces indices et d’autres encore renforcent, selon Duverger, la thèse d’un voyage antérieur, effectué par un autre navigateur ou par Christophe Colomb lui-même, qui a servi de prélude à celui de 1492.

UNE ORIGINE OBSCURE
Quelle patrie pour l’amiral ?
Depuis la fin du XVIe siècle, de nombreuses théories sont apparues sur les origines de Colomb. En 1892, un historien galicien a soutenu qu’il était originaire de Pontevedra, en Espagne. En 1915, on affirma qu’il était portugais. En 1927, le Péruvien Luis de Ulloa, qui avait résidé à Barcelone pendant plusieurs années, a suggéré qu’il était un noble catalan nommé Colom, le même nom de famille que font valoir depuis les années 1960 ceux qui défendent son origine majorquine. Dans le même temps, il a été avancé qu’il a pu appartenir à une famille juive convertie. Les indices les plus fiables privilégient cependant la traditionnelle provenance génoise. Néanmoins, admettre que Colomb est né à Gênes ne dissipe pas tous les mystères entourant ses origines, notamment parce qu’il semble les avoir délibérément tues, peut-être parce qu’elles étaient modestes ou parce qu’il avait du sang juif. S’il était italien, il est étonnant qu’il n’ait écrit qu’en espagnol, même à des destinataires génois. Mais son castillan était truffé de tournures étrangères, notamment portugaises, peut-être dues à l’époque où il a vécu au Portugal. D’autre part, les Colombo ne sont documentés à Gênes qu’à partir du début du XVe siècle, époque où ils sont sans doute arrivés dans la ville. Peut-être Colomb et sa famille ont-ils été de perpétuels migrants ?

UNE MULTITUDE DE PORTRAITS
Une célébrité au visage inconnu ?
Les témoignages littéraires, à commencer par celui de son fils Hernando, décrivent Colomb comme un homme robuste, plutôt grand, rubicond, aux cheveux gris dans sa maturité et aux yeux clairs. Il est difficile d’apprécier jusqu’à quel point les portraits du XVIe siècle auxquels Colomb a été identifié correspondent à cette image. En effet, tous sont postérieurs à sa mort. Celui de meilleure qualité est le tableau de Sebastiano del Piombo. Réalisé vers 1530, il montre un homme d’une grande prestance et à l’air sévère. Une inscription l’identifie comme le « marin ligure Colomb », mais elle a été ajoutée bien plus tard. Aujourd’hui, des spécialistes pensent qu’il s’agirait du portrait d’un religieux de Bologne. Un deuxième portrait représente un homme plus âgé, sérieux et aux yeux baissés. Il a été suggéré qu’au XVIe siècle il faisait partie de la galerie de portraits d’hommes illustres réalisés par l’humaniste Paolo Giovio, car au XIXe siècle il est tombé entre les mains d’Alessandro de Orchi, lorsque celui-ci a épousé une descendante des Giovio. Un autre portrait, attribué par certains à Ghirlandaio, a été découvert au XIXe siècle par le Génois Giambattista Cevasco. Le personnage a été identifié avec Colomb en raison de sa ressemblance avec d’autres portraits, mais il ne s’agit que d’une simple hypothèse.

LES PLAINTES D’UN HOMME HUMILIÉ
Une fin réellement misérable ?
L’un des lieux communs les plus persistants sur Christophe Colomb est qu’il est mort dans la pauvreté. L’origine de cette idée se trouve peut-être dans une lettre écrite par le navigateur en Jamaïque le 7 juillet 1503, lors de son quatrième et dernier voyage : « Aujourd’hui, je n’ai pas de toit en Castille : si je veux manger ou dormir, je n’en ai pas, sauf à l’auberge ou à la taverne, et la plupart du temps il n’y a pas assez pour payer les frais. » Son fils Hernando a abondé dans ce sens, tout comme Las Casas, qui a paraphrasé la lettre de Colomb : « Il a quitté cette vie dans un état d’amertume et de pauvreté, et sans avoir, comme il l’a dit, un toit sous lequel s’abriter. » Mais la plainte de Christophe Colomb se référait peut-être d’avantage à l’humiliation de perdre ses prérogatives aux Indes qu’à la pauvreté matérielle. Le fait qu’il n’était pas dans le besoin est démontré par son testament, dans lequel il a partagé un patrimoine considérable entre ses deux fils, Diego et Hernando, et ses frères, Bartolomé et Diego. Hernando, son deuxième fils, devait recevoir 1,5 million de maravédis que lui remettrait son frère aîné et héritier.

UNE SÉPULTURE DISCUTÉE
Où ont été déplacés les restes du marin ?
Les restes du navitageur ont presque autant voyagé que lui au cours de sa vie. Trois ans après son décès à Valladolid en 1506, son cercueil est transféré au monastère de la Cartuja, à Séville. Vers 1544, à la demande de la belle-fille de Colomb, María de Toledo, les restes partent pour Saint-Domingue et sont déposés dans la chapelle principale de la cathédrale. Oubliés pendant des décennies, ils réapparaissent au milieu du XVIIe siècle dans un coffre en plomb retrouvée lors de travaux. En 1795, lorsque l’île passe temporairement aux mains des Français, les autorités espagnoles ordonnent leur transfert à La Havane. Puis, en 1898, lorsque Cuba accède à l’indépendance, ils sont envoyés à Séville et placés dans la cathédrale. Ces transferts, parfois réalisés de façon peu soigneuse, ont donné lieu à des disputes sur la véritable localisation des restes. Certains auteurs sévillans soutiennent que ceux-ci n’ont jamais quitté le monastère de la Cartuja, ce qui contredit le témoignage catégorique de María de Toledo sur leur transfert à Hispaniola. En 1877, on annonce que les restes authentiques de Christophe Colomb ont été retrouvés dans la cathédrale de Saint-Domingue, et qu’ils n’en seraient donc pas partis en 1795. Cependant, une analyse ADN menée en 2006 a conclu que les restes de Séville appartiennent sans doute possible au navigateur.

UNE CÉLÉBRITÉ POSTHUME
Plus connu mort que vivant ?
Lorsque Christophe Colomb est mort à Valladolid le 20 mai 1506, la nouvelle n’a eu qu’un assez faible écho. Le décès n’a même pas été consigné dans les procès-verbaux du Conseil de Valladolid. Ce fait est révélateur du rôle secondaire que l’on a longtemps attribué au navigateur génois dans la remémoration de la découverte et de la conquête de l’Amérique, du moins si on la compare à l’exaltation de la figure d’Hernán Cortés. La pièce de théâtre que Lope de Vega lui a consacrée au début de sa carrière, Le Nouveau Monde découvert par Christophe Colomb, a quelque chose d’exceptionnel. L’exaltation du navigateur et de son entreprise de découvreur commence réellement au XVIIIe siècle et s’épanouit pleinement au siècle suivant, grâce aux biographes, écrivains et artistes de toutes sortes. Un écrivain français, Roselly de Lorgues, lance même une campagne assidue pour que la papauté engage le procès de béatification de Colomb, qui est finalement rejeté. Le point culminant est atteint en 1892, à l’occasion du quadricentenaire de la découverte, célébré en grande pompe non seulement en Espagne, mais aussi en Italie (patrie du navigateur) et dans tous les pays du continent américain. De ces années datent la plupart des statues de Colomb, aujourd’hui la cible des critiques de la colonisation.


Manuel Lucena Giraldo, Conseil supérieur de la recherche scientifique (Madrid).

Vizualizări: 1

Adaugă un comentariu

Pentru a putea adăuga comentarii trebuie să fii membru al altmarius !

Alătură-te reţelei altmarius

STATISTICI

Free counters!
Din 15 iunie 2009

206 state 

(ultimul: Ciad)

Numar de steaguri: 270

Record vizitatori:    8,782 (3.04.2011)

Record clickuri:

 16,676 (3.04.2011)

Steaguri lipsa: 36

1 stat are peste 700,000 clickuri (Romania)

1 stat are peste 100.000 clickuri (USA)

1 stat are peste 50,000 clickuri (Moldova)

2 state au peste 20,000  clickuri (Italia,  Germania)

4 state are peste 10.000 clickuri (Franta, UngariaSpania,, Marea Britanie,)

6 state au peste 5.000 clickuri (Olanda, Belgia,  Canada,  )

10 state au peste 1,000 clickuri (Polonia, Rusia,  Australia, IrlandaIsraelGreciaElvetia ,  Brazilia, Suedia, Austria)

50 state au peste 100 clickuri

20 state au un click

Website seo score
Powered by WebStatsDomain

DE URMĂRIT

1.EDITURA HOFFMAN

https://www.editurahoffman.ro/

2. EDITURA ISTROS

https://www.muzeulbrailei.ro/editura-istros/

3.EDITURA UNIVERSITATII CUZA - IASI

https://www.editura.uaic.ro/produse/editura/ultimele-aparitii/1

4. PRINTRE CARTI

http://www.printrecarti.ro/

5. ANTICARIAT ALBERT

http://anticariatalbert.com/

6. ANTICARIAT ODIN 

http://anticariat-odin.ro/

7. TARGUL CARTII

http://www.targulcartii.ro/

8. OKAZII

https://www.okazii.ro/cart?step=0&tr_buyerid=6092150

9. ANTICARIAT PLUS

http://www.anticariatplus.ro/

10. CARTEA DE CITIT

http://www.carteadecitit.ro 11. ANTICARIAT ON-LINE
http://www.carti-online.com/

12.CONTRAMUNDUM

https://contramundum.ro/cart/

13. ANTICARIATUL NOU

http://www.anticariatulnou.ro

14. ANTICARIAT NOU

https://anticariatnou.wordpress.com/

15. ANTICARIAT ALEPH

https://www.anticariataleph.ro/

16. ANTIKVARIUM.RO

http://antikvarium.ro

17.ANTIKVARIUS.RO

https://www.antikvarius.ro/

18. ANTICARIAT URSU

https://anticariat-ursu.ro/index.php?route=common/home

19.EDITURA TEORA - UNIVERSITAS

http://www.teora.ro/cgi-bin/teora/romania/mbshop.cgi?database=09&action=view_product&productID=%20889&category=01

20. BOOKS EXPRESS

https://www.books-express.ro/search?q=national+geographic+traveler

21. FILATELIE

 http://www.romaniastamps.com/

22 MAX

http://romanianstampnews.blogspot.com

23.LIBREX

https://www.librex.ro/search/editura+polirom/?q=editura+polirom

24. LIBMAG

https://www.libmag.ro/carti-la-preturi-sub-10-lei/filtre/edituri/polirom/

25. DAFFY'S BOOKS

https://www.daffisbooks.ro/toate-produsele/filtre/3f-editura,polirom

26. MAGIA MUNTELUI

http://magiamuntelui.blogspot.com

27. RAZVAN CODRESCU
http://razvan-codrescu.blogspot.ro/

28.RADIO ARHIVE

https://www.facebook.com/RadioArhive/

29.NATIONAL GEOGRAPHIC ROMANIA

https://www.natgeo.ro/revista

30. SA NU UITAM

http://sanuuitam.blogspot.ro/

31. LIBRĂRIA DELFIN

https://www.librariadelfin.ro/librarie-virtuala/carti-noi

32. CERTITUDINEA

www.certitudinea.com

33. F.N.S.A

https://www.fnsa.ro/products/4546-dimitrie_cantemir_despre_numele_moldaviei.html

Anunturi

Licenţa Creative Commons Această retea este pusă la dispoziţie sub Licenţa Atribuire-Necomercial-FărăModificări 3.0 România Creativ

Note

Hoffman - Jurnalul cărților esențiale

1. Radu Sorescu -  Petre Tutea. Viata si opera

2. Zaharia Stancu  - Jocul cu moartea

3. Mihail Sebastian - Orasul cu salcimi

4. Ioan Slavici - Inchisorile mele

5. Gib Mihaescu -  Donna Alba

6. Liviu Rebreanu - Ion

7. Cella Serghi - Pinza de paianjen

8. Zaharia Stancu -  Descult

9. Henriette Yvonne Stahl - Intre zi si noapte

10.Mihail Sebastian - De doua mii de ani

11. George Calinescu Cartea nuntii

12. Cella Serghi Pe firul de paianjen…

Continuare

Creat de altmariusclassic Dec 23, 2020 at 11:45am. Actualizat ultima dată de altmariusclassic Ian 24, 2021.

© 2022   Created by altmarius.   Oferit de

Embleme  |  Raportare eroare  |  Termeni de utilizare a serviciilor